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Maximes conversationnelles

On appelle ainsi, depuis les travaux de P. Grice, les règles que doit respecter tout locuteur pour que son énoncé soit interprétable ; ces « lois du discours » sont au nombre de six. Trois concernent la formation des énoncés : exhaustivité (l’énoncé doit contenir toutes les informations nécessaires à sa compréhension ) ; modalité (les mots utilisés doivent être compréhensibles pour l’allocutaire) ; informativité (l’énoncé doit avoir un contenu et donc ne pas être tautologique ou redondant).
Les trois autres maximes régissent le statut de l’énoncé dans la communication elle-même : coopération (les interlocuteurs doivent être d’accord sur la nature de l’échange en jeu), sincérité (chacun garantit implicitement que son propos n’est pas trompeur) ; pertinence (tout énoncé doit avoir un rapport avec l’échange en cours).

Le non-respect d’une de ces règles entraîne inévitablement un « échec communicationnel ». Bien des dialogues relevant du « théâtre de l’absurde » montrent ainsi le néant de la communication humaine en multipliant les atteintes aux maximes de Grice : informativité (Le plafond est en haut, le plancher est en bas), modalité (Mouche pas la touche, E. Ionesco, La Cantatrice chauve, 1950), exhaustivité (– Attendons de voir ce qu’il va nous dire. – Qui?, S. Beckett, En attendant Godot, 1952), etc..

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.