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Mystère

Genre dramatique religieux de la fin du Moyen Age (XIVe-milieu XVIe siècle), qui transpose sur la scène la vie entière d’un saint, un ou plusieurs livres de la Bible, ou des épisodes essentiels de la vie du Christ (les nombreux Mystères de la Passion, d’Eustache Marcadé, Arnoul Gréban ou Jehan Michel, les Mystères de la Résurrection) ou des Apôtres.

Le texte sacré devient prétexte à une prolifération de tons et de registres, du religieux au comique et au fantastique des diableries, en passant par les scènes de torture : il doit donner des exemples de vie, instruire et pour cela inviter le public à s’identifier aux situations présentées sur la scène, et dont l’enjeu est le salut de l’âme.

La représentation d’un mystère était une entreprise d’une très vaste envergure, qui pouvait s’étendre sur plusieurs jours en raison de la longueur des textes (62 000 vers pour le Mystère des Actes des Apôtres) et se présentait comme un spectacle total, avec des dizaines, voire des centaines de personnages.

Elle a été définitivement interdites par le Parlement de Paris en 1548, en raison des troubles causés à l’ordre public. Du point de vue scénographique, tous les espaces étaient visibles simultanément (pas de changement de décors) : une ville, une montagne, la chambre de Marie, le Paradis, la gueule de l’Enger, pour ne citer que les principaux lieux topiques.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.