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Narrateur

Tout locuteur d’un récit (« conteur »). Le narrateur peut apparaître explicitement  dans le je qui prend en charge certains récits (dits « à la première personne », comme A la recherche du temps perdu  de Proust, 1913-1927). Le personnage d’un récit peut aussi se retrouver en position de narrateur, le temps d’un récit enchâssé.

On considère traditionnellement que tout récit a un narrateur, même si celui-ci n’est jamais désigné dans le texte. on parle alors de narrateur implicite ou effacé (comme dans L’Education sentimentale de Flaubert) et on a soin de distinguer cette instance énonciative, qui gère le récit de fiction, de l’auteur du texte.

Dès lors, il y a lieu d’étendre cette notion de narrateur aux cas où l’on ne peut lui attribuer directement aucun énoncé, mais où il gère le déroulement général du récit, comme dans le roman dialogué ou le roman par lettres. Dans ce dernier cas, on parle pourtant plus précisément d’archi-énonciateur.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.