Accéder au contenu principal

Néopétrarquisme

Ce nom dérive du poète italien Pétrarque (1304-1374), dont la poésie amoureuse a été imitée très tôt en Italie (Serafino, Tebaldeo), puis en France dans la seconde moitié du XVIe siècle, par Du Bellay (L’Olive), Ronsard (Sonnets pour Hélène), et surtout Desportes. Le néopétrarquisme est d’abord une rhétorique dont les figures essentielles sont l’antithèse, l’oxymore, la métaphore.
Il est parfois associé à la philosophie platonicienne de l’amour. La domination du style pétrarquiste fut telle, dans le décennie 1550-1560, qu’il suscita un mouvement de rejet et inspira un certain nombre de satires, dont l’une est de Du Bellay lui-même.
Le néopétrarquisme est un relais majeur, dans l’histoire de la poésie, entre les hautes ambition de la poésie de la Renaissance et les raffinements de la poésie baroque du premier XVIIe siècle, qui seront relayés à leur tour par l’esthétique des précieuses et la virtuosité des poètes galants (Voiture, Sarasin, Pellisson).

Posts les plus consultés de ce blog

Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.