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Nouveau Roman

Mouvement littéraire français qui atteignit son apogée dans les années 1950-1960. On regroupe sous l’étiquette « Nouveau Roman » des écrivains aussi différents que Nathalie Sarraute (Le Planétarium, 1959 ; Les Fruits d’or, 1963), Claude Simon (L’Herbe, 1958 ; La Route des Flandres, 1960), Michel Butor (La Modification, 1957 ; Degrés, 1960) ou Alain Robbe-Grillet (Les Gommes, 1953 ; La Jalousie, 1957) qui en fut le principal théoricien. On leur adjoint souvent Samuel Beckett, Marguerite Duras ou Jean Ricardou.

Jérôme Lindon et les Editions de Minuit ont joué un rôle considérable dans l’identification et la promotion du mouvement.

L’expression Nouveau Roman a d’abord été employé de façon péjorative au début des années 1950, avant d’être revendiquée par les acteurs du mouvement, notamment à l’occasion du manifeste de Robbe-Grillet, Pour un nouveau roman (1963). Il eût été néanmoins plus juste de reprendre l’étiquette d’« anti-roman », proposée par Sartre en 1948 dans une très remarquable préface à Portrait d’un inconnu  de Nathalie Sarraute.
En effet, le Nouveau Roman est moins défini par un ensemble de choix esthétiques positifs que par le rejet des préoccupations majeures du roman français hérité du XIXe siècle, comme le personnage, l’intrigue, les idées, le réalisme…

Indépendamment de cette simple posture d’avant-garde, les Nouveaux Romanciers ont en commun le désir de renforcer l’aptitude des textes littéraires à rendre pleinement compte de la réalité : celle du monde et des objets chez Robbe-Grillet, des pensées et des sentiments chez Sarraute, des relations sociales et des signes chez Butor, etc.

Il s’agit donc pour les Nouveaux Romancier d’utiliser les fondements du roman (la narration et la fiction) dans le cadre d’une expérimentation visant à explorer les choses, les sensations et les discours, et non plus comme de simples supports à la construction d’un matériel « romanesque ».

Le Nouveau Roman ne doit cependant pas être pensé indépendamment d’autres mouvements artistiques ou intellectuels contemporains, comme le Théâtre de l’absurde (aussi appelé Nouveau Théâtre ou antithéâtre), de la Nouvelle Vague cinématographique, voir de la Nouvelle Critique.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.