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Nouvelles à la main

« Recueil manuscrit d’articles donnant des informations d’actualité selon l’ordre chronologique » (François Moureau). Les nouvelles à la main ont, au XVIIe siècle, précédé la gazette imprimée mais n’ont nullement disparu avec son apparition : elles circulent jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

Parfois satiriques ou scandaleuses, elles recueillent ce que le circuit de la presse imprimée ne pouvait accepter. Leurs auteurs sont souvent d’obscurs tâcherons de la bohème littéraire, mais parfois aussi des écrivains reconnus.

Les Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des Lettres en France depuis 1762 de Bachaumont, avec des articles qui relèvent de l’actualité culturelle et des nouvelles scandaleuses qui donnent au lecteur l’impression d’être dans le secret des Grands, sont un modèle de ces nouvelles à la main.

La Correspondance littéraire de Grimm (à laquelle collabora Diderot), avec son petit nombre d’abonnés des cours princières, offre l’exemple d’une revue littéraire et culturelle ambitieuse, dont la liberté est liée à la circulation manuscrite : Diderot y publia plusieurs de ses œuvres majeures.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.