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Oralité

Au Moyen Age, l’oralité constitue une part importante de la vie littéraire. Comme l’a montré P. Zumthor, elle peut prendre place à cinq moments de la vie des œuvres : production, transmission, réception, conservation, répétition.

Dans les civilisations d’oralité pure (sans écriture) ces cinq phases sont orales. Mais le Moyen-Age est aussi une civilisation de l’écrit : il faut donc distinguer ce qui est de l’ordre de la transmission-réception, où l’oralité peut être essentielle (par exemple pour les chansons de geste, les vies des saints, les fabliaux, etc., récités par des jongleurs), la conservation et la répétition, qui peuvent être concurremment de l’ordre de l’oral (la mémoire des jongleurs, l’apprentissage des textes à partir de leur seule audition) et de l’écrit (les textes sont recopiés dans des manuscrits, qui peuvent servir à leur apprentissage par cœur).

Il faut souvent admettre, entre deux maillons de la tradition manuscrite, un maillon oral qui seul permet d’expliquer certaines déformations. Quant à la composition (production), il est aujourd’hui admis que pour la très grande majorité des textes qui nous sont parvenus, même pour ceux qui sont le plus marqués par l’oralité, elle a commencé par une phrase écrite. Mais, dans le détail des oeuvres, ces questions restent controversées.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.