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Ornement

Terme de rhétorique concernant l’elocutio (style) qui désigne à l’origine tout ce qui rend le style élégant (le terme latin qui désigne cette qualité est ornatus). Selon Quintilien, c’est tout ce qui s’ajoute au simple mérite de l’invention, que tout le monde avec un peu de bon sens et de méthode, peut partager : en revanche, avec l’art de l’ornement, on entre dans l’évaluation esthétique, qui vise le « jugement des connaisseurs » (judicium doctuorum).

L’élégance doit être recherchée au moyen des figures, du choix des mots, et elle doit mettre en jeu toutes les « vertus du style » (virtutes dicendi) : son but est de susciter l’admiration chez l’auditeur ; c’est dire à quel point l’éloquence fait ici cause commune avec la poésie (dont le but ultime, selon Aristote, est de susciter l’admiration).

On voit combien la notion d’ornement, d’origine rhétorique, définit une stylistique au sens littéraire du terme, qui va bien au-delà de la simple justesse des termes et de la clarté grammaticale. Le style orné par excellence est le style moyen (style fleuri, où il faut utiliser les tropes, et notamment les métaphores et les métonymies), mais les effets puissants du style élevé, qui convient au mieux pour émouvoir les passions, sont aussi du domaine de l’ornement.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.