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OuLiPo

L’Ouvroir de Littérature Potentielle (d’abord appelé Séminaire de Littérature Expérimentale) fut crée en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais et Raymond Queneau. Il regroupa d’abord des écrivains et des mathématiciens : Noël Arnaud, Jacques Bens, Claude Berge, André Blavier, Jacques Duchateau, Latis, Jean Lescure, Jean Queval et Albert-Marie Schmidt, auxquels s’adjoindront plus tard François Caradec, Italo Calvino, Michèle Métail, Georges Perec, Jacques Roubaud, etc.

L’OuLiPo n’est pas un mouvement littéraire mais un groupe de travail (car la recherche est collective) dont les membres tout à la fois analysent et appliquent les contraintes en littérature, qu’elles soient anciennes (anagramme, palindrome, etc.) ou nouvelles. Même si l’OuLiPo a moins pour but l’achèvement de l’œuvre que la recherche de formes et de structures liées à des contraintes, on peut citer deux réalisation célèbres : dans Cent mille milliards de poèmes (bien que le livre paraisse en 1960, avant la création du groupe), Raymond Queneau propose dix sonnets de rimes identiques superposés, dont chaque vers est inscrit sur une languette qui peut être soulevée ; on peut ainsi associer successivement tous les vers et obtenir cent mille milliards de poème.

Quelques années plus tard, Georges Perec a pratiqué le lipogramme, c’est-à-dire le renoncement à une lettre de l’alphabet, en écrivant La Disparition (1969), roman où ne figure aucun e.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.