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Pastorale

(n.f.). Ce genre met en scène des personnages de la vie rustique (bergers, nymphes, bergères) dans un cadre bucolique, où sont célébrés la poésie et l’amour.

Inspirée à l’origine de la poésie grecque et latine (Idylles de Théocrite, Bucoliques de Virgile), qui mettait en scène des dialogues entre bergers, la pastorale, à la Renaissance, va trouver ses lettres de noblesses sur les scènes de théâtre, après avoir été illustrée par des œuvres romanesques mêlées de poésie (comme l’Arcadia de l’Italien Sannazar 1504). Les pastorales dramatiques italiennes, l’Aminta du Tasse (1573)  et Il Pastor fido  de Guarini (1580), furent en effet tout de suite imitées en France.

La pastorale dramatique repose en général sur l’histoire d’un amour contrarié entre un berger et une bergère, avec l’usage de tous les procédés efficaces de l’intrigue sentimentale (jalousie, quiproquo, méconnaissance de ses propres sentiments). L’analyse psychologique peut s’y développer en longs monologues – ce qui prépare l’esthétique galante et précieuse –, et l’intervention fréquente de magiciens apporte une touche de merveilleux – ce qui prépare à l’esthétique de l’opéra. Donc même si, après une floraison remarquable (dont Les Bergeries de Racan, 1625), le genre ne domina plus la scène dans la seconde moitié du XVIIe siècle, il contribua cependant à nourrir en profondeur l’esthétique et l’imaginaire du théâtre classique, tout en persistant avec force dans l’idéal romanesque.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.