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Pathos

(n.m., emprunté au grec « passion »). En rhétorique, le pathos désigne les mouvements que l’orateur doit s’efforce de susciter chez les auditeurs (cf. la troisième fin de la rhétorique : émouvoir, movere). C’est une des clés de la persuasion, aux côtés du logos (raisonnement discursif) et de l’ethos (ou ithos : caractère de l’orateur).

Le pathos suppose donc une connaissance de la psychologie de l’auditoire, et sa mise en œuvre requiert le plus souvent les figures spectaculaires du style élevé  (amplification, prosopopée, apostrophe, etc.) : le moment idéal pour le susciter dans le discours est la péroraison. L’importance du pathos en littérature est décisive, elle détermine tout l’art des effets à produire sur le public, et explique la part importante de la psychologie dans le fonctionnement de la fiction.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.