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Péroraison

(n.f). C’est la dernière des cinq parties du discours. Elle conclut en résumant les principaux points de l’argumentation (enumeratio, récapitulation), pour bien mettre en évidence ce qui a été confirmé et ce qui a été réfuté ; c’est aussi le moment où l’orateur peut utiliser l’amplification afin d’exciter l’indignation ou la colère chez les auditeurs.

Il s’agit en effet de bien faire ressortir, grâce au déploiement d’un rhétorique spectaculaire, toute ce ce que le crime a d’odieux, en faisant appel aux autorités qui le condamnent, en mettant en lumière ses conséquences, et celle qu’auraient un éventuel acquittement ; selon Quintilien (Institution oratoire, 1er siècle ap. J.-C.), c’est le moment où il faut faire preuve de tout son art pour émouvoir les passions de l’auditoire.

Les principales figures sont donc utilisées dans ce but afin de mettre sous les yeux avec vivacité, toutes les circonstances de l’action condamnable ; Quintilien recommande notamment l’usage de la prosopopée (en faisant parler la victime), ce qui rapproche l’orateur de l’action théâtrale. L’autre voie possible est celle de la compassion (commiseratio) qui joue elle aussi sur les sentiments, et vise le troisième but de la rhétorique, l’émotion (movere). Cette partie est donc, avec la narration, une des parties les plus littéraires du discours, c’est-à-dire celle qui a sans doute eu une influence déterminante sur certains genres, comme le théâtre tragique.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.