Accéder au contenu principal

Phrase

Unité d’analyse grammaticale, la phrase se définit comme un groupe de mots perçus comme formant un tout, parce que donnant – au moins en contexte – le sentiment d’une complétude logique (voir thème/prédicat), sémantique et syntaxique, complétude qu’entérine à l’oral l’achèvement du mouvement prosodique et le jeu des pauses rythmiques.

Parce que la phrase comme unité linguistique est relativement instable, l’analyse littéraire garde le plus souvent la définition scolaire, graphique, de ce terme : ensemble de mots compris entre deux ponctuations fortes (points). Une phrase peut être constituée d’une ou plusieurs propositions : on oppose alors phrase simple et phrase complexe. La phrase, dans son ensemble, peut connaître un changement de modalité,  selon la façon dont le locuteur envisage le contenu informatif : on parle alors de phrases assertive (« Tu viens demain », interrogative (« Tu viens demain ? »), exclamative (« Tu viens demain ! », injonctive (« Viens demain ! »).

Posts les plus consultés de ce blog

Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.