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Poésie héroïque

A l’âge classique, on désigne ainsi le genre plus élevé de la poésie narrative. Le grand modèle est l’épopée antique (Homère, Virgile), relayée par le romanzo italien de la Renaissance (Roland furieux  de l’Arioste, La Jérusalem délivrée du Tasse). Comme le roman héroïque, ce type de narration, dont la forme est versifiée, doit mettre en scène des héros exceptionnels, dont les actions éclatantes appartiennent à l’histoire ou à la mythologie. Un des grands théoriciens de la poésie héroïque au XVIIe siècle est Jean Chapelain, qui décrit le genre dans sa préface à l’Adone  du poète italien Marino en 1623, et qui essaiera de donner à la littérature française une épopée, consacrée à Jeanne d’Arc : La Pucelle (1656).

La poésie héroïque a donné lieu aux débats les plus vifs au moment de la querelle des Anciens et des Modernes,  où Boileau (partisan des Anciens) contestait la validité des modèles italiens et s’opposait à l’usage du « merveilleux chrétien  » (intervention de Dieu et des anges dans les actions des héros). Dans la littérature française, la poésie héroïque n’est pas parvenue à s’affirmer même si Voltaire a tenté de chanter les exploits d’Henri IV (La Henriade, 1728) : on en trouve toutefois les traces les plus spectaculaires chez Hugo (La Légende des siècles, 1859) et des échos remarquables chez un Leconte de Lisle, par exemple (Poèmes antiques, 1852, Poèmes barbares, 1862).

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.