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Prologue

(n.m.). Au Moyen Âge, discours liminaire dans lequel l’auteur ou le récitant cherche à capter l’attention de son public (captation benevolentiae), en vantant les mérites de l’œuvre qui va être lue ou entendue, et/ou en rendant hommage à son commanditaire. Progressivement, le prologue envahit tous les genres et peut contenir des éléments (souvent sommaires) d’esthétique ou de théorie du genre.
C’est souvent là, ou dans l’épilogue, que figure le nom de l’auteur. C’est encore le sens du mot dans les « prologues » de romans de Rabelais, au XVIe siècle ; le prologue a ici une fonction paratextuelle qui le rapproche de ce que nous nommons désormais une préface.

Depuis le XVIIe siècle, le terme tend à reprendre le sens qui était le sien dans le théâtre antique : dialogue ou monologue qui précède l’entrée dans l’action et offre, souvent de façon indirecte, un accès à la matière diégétique de la pièce (lieux, personnages, situation…). Il s’agit en quelque sorte d’une scène d’exposition. Le mot a pu; avec cette acception non paratextuelle, être occasionnellement employé pour des ouvertures de romans.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.