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Pronostication

Ce mot ne désigne pas à proprement parler un genre littéraire. Il s’agit plutôt d’un écrit, le plus souvent en vers, où l’on trouve des renseignements astronomiques (phases de la Lune), des prévisions météorologiques et des conseils d’hygiène. Le développement de l’imprimerie assure le succès de ces opuscules. Certaine ne s’en tiennent pas là et leurs auteurs se mêlent de prévoir l’avenir grâce à leur connaissance de l’astrologie.

Cette prétention ne pouvait laisser insensible ceux qui la considéraient comme une science incertaine et qui estimait que l’avenir est dans les mains de Dieu. Bonaventure des Périers fait paraître en 1537 une Prognostication des Prognostications qui raille les prétentions des astrologues. Rabelais lui-même parodie en 1532 (Pantagruéline prognostication) le langage de l’astrologie et affirme avec force que le gouvernement du monde n’appartient qu’à « Dieu le créateur , lequel par sa divine parole tout régit et modère ». ll annonce l’indignation de Calvin et de la Réforme, beaucoup plus sévères à l’égard des « prognostiqueurs  » que la majorité des auteurs catholiques (à l’exception de Montaigne).

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.