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Prosimètre

(n.m). Nom donné par Paul Zumthor à des œuvres du XVe et du XVIe siècle, écrites en français, et qui associent la prose et les vers. La plupart des Grands Rhétoriqueurs ont pratiqué ce genre, notamment Molinet (Compleinte de Grève, Le Trosne d’honneur, Le Chapelet des dames) et Jean Lemaire de Belges (Temple d’Honneur et de vertus, La Concorde des deux langages, La Couronne margaritique).

En fait, le prosimètre est plus ancien. La Vita nuova de Dante en est un. Ce genre eut un succès qui déborda le cadre de la Grande Rhétorique. Arcadia de Sannazar (1504), écrite en latin, fait elle aussi alterner la prose et les vers. R. Belleau l’imite dans les deux Journées de sa Bergerie (1565 et 1572). Une esthétique soucieuse de variétas trouvait dans ce genre des ressources stylistiques qu’elle ne s’est pas privée d’exploiter.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.