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Prosopopée

(n.f). Cette figure consiste à faire parler un être absent, imaginaire, abstrait ou disparu. L’exemple canonique de cet usage est le passage du Discours sur les sciences et les arts où Rousseau fait parler le général romain Fabricius pour dénoncer le luxe contemporain qui contraste avec la simplicité des mœurs  de l’ancienne République romaine : O Fabricius, qu’eut pensé votre grande âme, si, pour votre malheur, vous eussiez vu la face pompeuse de cette Rome sauvée par votre bras […] : Dieux, eussiez vous dit, que sont devenus ces toits de chaume et ces foyers rustiques qu’habitaient jadis la modération et la vertu ? ,…

La prosopopée sert assez souvent à faire parler une autorité (ici, un grand ancêtre), ou une valeur (la liberté, la nature, etc.), elle est donc fréquente dans le genre démonstratif (épidictique) où il s’agit de célébrer des valeurs communes ou de dénoncer des vices.
En permettant l’action d’un personnage ou d’une entité imaginaire, elle fait appel aux effets les plus spectaculaires de la rhétorique ; Quintilien en recommande l’usage dans la péroraison, où il s’agit justement d’émouvoir les passions de l’auditeur. A ce titre, elle est un des principaux exercices scolaires de la rhétorique classique.

Son influence littéraire est déterminante sur les grands monologues de la tragédie classique, ainsi que sur la poésie époque, au moins jusqu’à Victor Hugo.

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Razo

(n.f. « raison », en langue d’oc). Littérature sur la littérature, ce genre littéraire médiéval d’oc s’attache à préciser les circonstances qui ont présidé à la composition d’un poème, soit pour évoquer avec complaisance des évènements romanesques, soit pour éclaircir des allusions à une actualité politique dont le souvenir s’est perdu pour le public après quelques années ou quelques décennies.

Récit de pensée

On regroupe sous cette étiquette toutes les remarques qui, dans un texte narratif, portent sur la vie intérieur du personnage, présentent ses sentiments, ses impressions… ( Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne. Il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles, Stendhal, La Chartreuse de Parme ). Le récit de pensée permet donc, avec le discours intérieur (qui présente les pensées verbales du personnage) de rendre compte de la vie intime d’une conscience. On emploie parfois aussi, avec le même sens, « psychorécit », qui traduit l’anglais psycho-narration (D. Cohn).

Récit/Roman

De nombreux écrivains et critiques ont repris la distinction récit/roman proposé par André Gide dans les années 1920. Alors que le roman tend à rendre compte du monde dans sa complexité et saisit l’occasion d’une ligne narrative pour déployer la réalité sous les yeux du lecteur, le récit présente les événements pour eux-mêmes, excluant autant que possible l’interférence de toute ambition non narrative. L’opposition est donc plus esthétique que vraiment générique : il s’agit bien dans les deux cas de narration fictionnelle, mais le récit oppose un souci constant de sobriété au foisonnement du romanesque. De fait, le récit est souvent bref, linéaire, à la première personne. On pourra opposer, sur cette base, Isabelle (1912) et Les Faux-monnayeurs (1925) de Gide, Alexis (1929) et L’Oeuvre au  noir (1968) de Marguerite Yourcenar.